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Le créateur d’entreprise et le paradigme du « vrai homme » en Afrique. Partie 3.1/5 : De l’intelligence émotionnelle.

[De Souop Soffo Sa’a Mekù (Lucas Kamdem)]

J’ai essayé les 12 et 20 juillet 2016 de montrer l’importance de l’intelligence physique (QP) et de l’intelligence mentale (QI) pour tous ceux et toutes celles qui veulent réussir dans la création et/ou le développement de leur entreprise, de manière à pouvoir faire partie des entrepreneurs Africains libres, riches,  heureux et fiers de l’être. Comme je vais le faire dans cet article, je me suis basé et me baserai toujours sur les leçons de feu papa Samuel KAMDEM (Té Waffo Bùguong), mon cher et grand coach, pour qui je ne cesserai de rendre un hommage mérité.

A propos de l’un des aspects du QI, plusieurs personnes m’ont contacté pour manifester leur déception de n’avoir pas pu prendre connaissance de certains secrets qui m’ont été révélé au sujet de l’intelligence financière, puisque j’ai fait le choix d’en réserver la primeur aux jeunes que je forme au sein du programme dénommé FACOP (Future Africa Coaching Program). Que tous ces déçus veuillent bien prendre leur mal en patience car j’y reviendrai un jour, en rendant public des détails qui en surprendront plus d’un.

En attendant, j’ai un autre problème à résoudre. C’est que je me suis rendu compte, en rédigeant le plan détaillé du texte sur l’intelligence émotionnelle (QE), que cette partie sera publiée au moins en 5 articles (d’où le 3.1 dans 3.1/5), vu son importance et vu la longueur des leçons reçues de mon grand homonyme. Ce sujet, qui est lié au cœur (3è élément de notre capacité naturelle), nous a en effet pris plusieurs sessions de coaching, soit plusieurs samedis.

La première a eu lieu à la chefferie Medjo, chez Té Waffo Nono,  Chef de ce village du groupement Baham, qui partage l’une de ses frontières avec Bandjoun, un autre grand groupement de l’Ouest Cameroun.

C’était dans l’après midi du samedi 2 août 2014, un jour de grande pluie (encore la pluie), une pluie qui avait rendu boueuses et difficilement praticables les différentes routes menant à la chefferie Medjo. Pour ce motif là, ma session avait commencé par une blague, lorsque Té Waffo Bùguong, qui était arrivé avant moi,  m’avait dit, en m’indiquant mon siège à côté du sien : « Souop Soffo toi et moi sommes heureux sur plusieurs plans… ».

Ne pouvant deviner pourquoi il m’avait fait une telle déclaration avant même que je ne puisse m’assoir, je n’avais pas d’autre choix que de lui demander de m’en dire plus.

En fait, il semblait particulièrement content et, tout en riant sans faire beaucoup de bruit, il m’avait alors tout simplement demandé si je ne trouvais pas qu’il n’était pas donné à beaucoup de notables bamilékés d’avoir comme lui et moi le « goudron » qui passe devant leur concession. Il savait que l’Etat du Cameroun venait juste de faire bitumer toutes les routes qui conduisent à mon domicile à Baham, tandis que lui bénéficiait de cet avantage depuis plusieurs années et que la dernière bitumée venait de le combler dans ce domaine.

Un peu comme pour taquiner le maître des lieux, il lui avait par la suite demandé ce qu’il attendait pour « goudronner » sa route, ce qui avait occasionné un rire contagieux, certains notables ayant l’un après l’autre  expliqué au voisin l’objet de notre rire.

Malheureusement (ou heureusement pour moi comme expliqué dans la suite de cette histoire), la bonne ambiance de joie ainsi partagée  n’avait pas duré bien longtemps, une autre ambiance électrique, nauséabonde, ayant rapidement envahi  une bonne partie de la salle de réunion. Manifestement, un conflit avait éclaté, je ne sais à ce jour ni comment ni pourquoi.

Un conflit absurde pour moi « jeune notable » nouvellement admis à l’ANB2, opposaient effectivement et depuis quelques minutes deux camps qui semblaient vouloir maintenant en découdre par une bagarre.

Je n’avais jamais assisté à une telle scène et dissimulais à peine ma désagréable surprise.

C’est lorsque le chef de Medjo a finalement menacé de faire mettre les belligérants hors de sa concession, par la force s’il le fallait, que le calme est un peu revenu, puisque le Président de l’Assemblée était clairement dépassé par les évènements.

De très grands notables venaient de s’injurier, de s’appeler par des noms d’oiseaux sans nuance et sans prudence, de dévoiler publiquement et sans honte leurs grands défauts réciproques, etc.

Avant l’intervention énergique de Té Waffo Nono,  ceux qui avaient été piqués par je ne sais quelles mouches n’arrivaient plus à contrôler leurs émotions négatives, leur violence verbale. Personne ne cherchait à comprendre l’autre pour savoir quoi répondre, si bien qu’un triste cafouillage régnait.

Quoi qu’il en soit, c’aura été l’occasion bonne pour moi d’avoir de mon coach une grande leçon.

Avant d’y revenir, il me parait de bon ton de présenter l’ANB2, même très sommairement.

L’ANB2 est une Association très sélective des Notables Baham qui se réunissent en Assemblée Générale à Baham tous les premiers samedis du mois au domicile de l’un de ses membres qui organise la réception (à tour de rôle), en général en présence du Roi Baham lui-même. On y retrouve la majorité des chefs des 16 villages du Groupement Baham, de grands  hommes d’affaires, des médecins, des ingénieurs, des professeurs d’universités, des chefs d’entreprises, etc.

Mais, il faut bien dire que contrairement au cas de  l’incident du 2 aout 2014, c’est toujours avec un grand respect, une grande courtoisie et même avec une certaine révérence que chaque notable y parle à un autre (ou aux autres). Les blagues y sont légion, mais nul ne cherche à blesser l’autre. Ce jour là par contre, on eut dit que certains étaient venus avec une soif de vengeance poursuivant un crime de « lèse majesté ». Tout était allé si vite que l’ordre avait eu du mal à revenir. Je me demande encore aujourd’hui si l’absence du Roi y était pour quelque chose, mais ce n’est pas possible, puisqu’il lui arrive ainsi de s’absenter, pour de multiples raisons, sans conséquence sur le comportement des uns et des autres.

Curieusement, juste après le calme retrouvé, Té Waffo Bùguong s’était levé et m’avait invité à le suivre au dehors, constatant certainement à quel point j’étais sidéré, abasourdi, consterné, stupéfait. Evidemment, je m’étais exécuté sans me faire prier.

Une fois à l’extérieur, appuyé sur sa canne et gardant un sourire qui ne l’avait pas vraiment quitté depuis le début, il m’a dit qu’il ne fallait pas du tout avoir peur, qu’il y avait des jours « comme ça » et que le conflit était ainsi terminé sans qu’il n’y ait risque de retour sur les questions ayant causé le trouble. Manque de chance pour lui, à peine il avait fini de parler que de nouveaux  bruits venaient de l’intérieur, comme pour le démentir. Il a alors vite compris qu’il était difficile pour moi d’admettre qu’il puisse en être ainsi, qu’il n’y ait pas quelque chose de grave.

C’est alors que, après avoir perdu un peu de son beau sourire, il m’a envoyé prendre nos deux chaises, ce que j’ai fait illico presto, comprenant qu’il avait encore quelque chose d’important à me dire.

C’est pourquoi une fois revenu avec les chaises, il m’a fait asseoir à sa droite et m’a demandé s’il pouvait me dire quelque chose (comme si je pouvais dire non). De fait, avant même que je ne puisse répondre, et étant donné qu’un autre notable nous avait aussi suivi, il a juste pris le temps d’exiger très poliment de ce dernier qu’il nous laissa seuls terminer notre entretien. Puis il reprit : « Souop Soffo, tu dois savoir que c’est par le caractère de chacun que l’on détermine exactement  qui il est ».

Sur le coup je ne pouvais pas mesurer à sa juste valeur la profondeur de la leçon.

Toujours est-il qu’il avait poursuivi son discours en me révélant qu’en observant les habitudes ou encore le caractère d’un enfant ou d’un jeune, il pouvait prédire, sans beaucoup de risques de se tromper, si cet enfant ou ce jeune allait réussir dans sa vie ou pas. C’est ainsi disait-il qu’il avait à plusieurs reprises deviné avec justesse qui devait succéder à tel ou tel autre de ses amis, alors que ceux-ci ne lui avaient rien dit. Malheureusement aussi, soulignait-il, il avait quelques fois  assisté impuissant au dévoilement de très mauvais choix, au point de se demander comment il était possible que les défunts aient pu choisir des « fous » pour assurer leur succession.

Bien évidemment, il voulait par là me  parler de ceux qui ont des déficiences en matière d’intelligence émotionnelle, déficiences qui empêchent le succès dans la vie et qui parfois révèlent même l’existence de problèmes psychologiques, voire psychiatriques.

Inspiré par les explications et démonstrations claires de Té Waffo, j’ai mené pendant deux bonnes années des réflexions et des recherches  qui m’ont conduit à mieux comprendre jusqu’à quel degré l’intelligence émotionnelle est importante.

A ce sujet, en le suivant évoquer le cas de ces « intellectuels » aux comportements exécrables, je me suis souvenu que Papa Pierre MOYO (l’un de mes tuteurs qui m’avait hébergé pendant mes études secondaires) m’avait affirmé un jour de 1976 qu’on pouvait être « Docteur et fainéant ». Il m’avait en effet tenu le même langage que Té Waffo au sujet du mauvais caractère de certaines personnes ayant pourtant de « gros diplômes », de leurs mauvaises habitudes qui faisaient d’eux des hommes déjà morts, qui n’avaient plus que « leurs bouches restées sur la terre ».

Pour mon coach, il était si malheureux de constater qu’il y a de nombreux « intellectuels » qui sans doute auraient  régulièrement obtenu des notes situées entre 18/20 et 20/20 au cours de leurs études, mais qui ne mériteraient pas 02/20 si on devrait observer et noter leur comportement dans leur vie publique ou privée, leur manière de parler aux autres (communication avec autrui), leur capacité à gérer les conflits, etc.

Toutes ces démonstrations m’ont donc fait découvrir ce qui suit :

  • L’intelligence émotionnelle est « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler lesdites émotions chez soi et chez les autres. ». Le prochain article portera uniquement sur les émotions.
  • Le QE est donc très clairement une gamme de capacités émotionnelles et sociales. Je devrais donc sans doute parler plutôt de l’intelligence socio-émotionnelle au lieu de simple intelligence émotionnelle :

a)- Capacité à avoir conscience de soi et capacité de connaissance de soi pour savoir faire face à des émotions fortes (maîtrise de soi, gestion du stress ou de la peur, etc.) ;

b)- Capacité d’avoir conscience des autres (conscience sociale) ; capacité de pouvoir toujours chercher à comprendre l’autre avant d’être compris, à détecter les émotions d’autrui et à y réagir ;

c)- Capacité d’adaptation aux changements et capacité à pouvoir régler les problèmes de nature sociale ou personnelle (négociation, gestion des conflits, etc.) ;

d)- Capacité à inspirer et à influencer positivement les autres pour favoriser leur développement personnel ou le développement de leurs affaires (d’où le rôle du coaching dans le domaine de l’intelligence socio-émotionnelle). Un autre article sera spécialement réservé à cette capacité.

e)- Enfin, très important, capacité à faire des plans pour le futur et capacité à la persévérance, dans le cadre d’un travail d’équipe exigeant intégrité, honnêteté, loyauté, confiance, coopération créatrice, sens de service, etc. Deux ou trois articles seront réservés à ce seul point (e).

Comme quoi, globalement, je pense avoir appris de mon coach que l’intelligence socio-émotionnelle donne des avantages énormes dans tous les domaines de la vie. Il s’agit  aussi bien de ces avantages que l’on peut avoir dans les relations affectives et intimes que de ceux qu’on a dans l’appréhension des règles (lois naturelles) implicites qui régissent la réussite dans l’entrepreneuriat.

C’est sans doute la raison pour laquelle Té Waffo Bùguong ne cessait de me parler du cœur du « vrai homme ». Pour lui comme pour de nombreux grands sages de  tous les temps, la plus grande intelligence est celle du cœur. J’espère pouvoir le faire comprendre aux jeunes entrepreneurs Africains qui veulent être riches et heureux, qui veulent s’épanouir sans défaillir.

Souop Soffo Sa’a Mekù (Lucas Kamdem). Article publié pour la première fois le 25 juillet 2016.

PS : 1-  En 2017, sept nouvelles sessions sont programmées dans sept villes différentes en Afrique, en Europe et en Amérique du nord, ainsi qu’il suit :

– FACOP-A1 Yaoundé 2 : Les 11, 12 et 13 aout 2017

– FACOP-A1 Montréal 2 : Les 7 et 8 octobre 2017

– FACOP-A1 Paris 3 : Les 21, 22 et 23 octobre 2017

– FACOP-A1 Washington DC 1 : Les 13, 14 et 15 octobre 2017

– FACOP-A1 Abidjan 1 : Les 27, 28 et 29 octobre 2017

Il reste entendu que des sessions spéciales pourront être organisées courant 2017, à la demande des organisations, associations ou communautés qui nous solliciteront.

  • Un ami proche a déjà découvert que mes articles n’étaient que des extraits d’un livre en préparation, sur la réussite dans l’entrepreneuriat en Afrique. Je lui dis bravo !
  • Pour en savoir plus sur FUTURE AFRICA COACHING PROGRAM (FACOP), et pour avoir une idée des résultats que vous obtiendrez pendant et après votre participation à l’un de ces séminaires, bien vouloir contactez Lucas Kamdem via Facebook « Souop Soffo Kamdem » ou « facop»  ou encore par mail à souopsoffo@gmail.com.
  • FACOP est la propriété de la SAS FUTURE AFRICA COACHING COMPANY (FACOCOM SAS), dont le siège est à Yaoundé au Cameroun, avec inscription à l’OAPI. Tél = +237694269296.

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Il reste entendu que des sessions spéciales pourront être organisées courant 2017, à la demande des organisations, associations ou communautés qui nous solliciteront.

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